Samedi 5 avril 2008
Pourquoi ne suis-je pas devenue une tueuse?
Je pense que ceci pourrait en réalité être le titre de ce blog. Pourquoi? Un peu de patience, il va falloir être assidu et vous comprendrez.
Commençons par le commencement. Je m'appelle Alex Huitame, j'ai 38 ans et je suis ... "artiste". Seul problème : je ne suis jamais allé au bout de ma démarche.
Pourquoi me direz-vous?
Par peur de l'échec bien sûr.
Stupide ?
Sans aucun doute.
Alors pourquoi ce blog ?
Parce qu'il n'y a pas d'enjeu, seulement celui que je me fixe : raconter mon histoire. Pas d'éditeur, pas de producteur, mon entourage n'est pas au courant et surtout, pas d'argent ! Les seuls risques : que je ne sois pas lu, vos commentaires.
Ma plus grande peur ?
Que les gens ne m'aiment pas.
Pourquoi?
Là est toute mon histoire et le pourquoi de ce blog.
Ah au fait ! Je suis une femme, mais vous l'auriez découvert tôt ou tard.
Je suis née le 6 novembre 1969 dans une petit bourgade de province. Les circonstances de ma conception sont un peu floues. Ma mère avait à peine plus de 16 ans et mon père tout juste 20 ans. De prime abord, j'étais un "accident", comme il y en eu beaucoup avant la pillule contraceptive et la légalisation de l'avortement. Mais ma mère m'a certifié plus tard que cette conception était délibérée. Etant tous deux mineurs (avant 1974 l'âge légal de la majorité était 21 ans) ils ne pouvaient se marier sans le concentement de leurs parents et celui du Président de la République ! Ma mère enceinte, mes grands-parents ne pouvaient plus s'opposer au mariage. Mais pour ma part, j'ai peine à le croire. Je pense que je suis simplement un "accident", heureux certes, mais un "accident" quand même.
Avant mon entrée en maternelle à l'âge de 4 ans, aucun souvenir. Dommage, parce que c'est à partir de là que les choses ont commencé à mal tourner pour moi.
Je ne suis pas à même de l'expliquer, mais à peine ai-je posé le pied dans cette grande institution que je suis devenue une pestiférée et une "tête de Turc" ! Je m'étonne encore aujourd'hui de mon parcours scolaire si brillant et de mon amour pour les études et le savoir. C'est sûrement parce que j'ai toujours fait la différence entre l'école en tant qu'institution et les études.
Autre question : est-ce que parce que dès le départ je n'étais pas dans le moule que les choses se sont si mal passées ou est-ce parce que dès le départ les choses se sont mal passées que je ne suis jamais rentrée dans le moule?
Le pire, c'est que je n'ai pas été détestée que par les autres enfants. J'ai également été la proie de certains professeurs qui, ne pouvant me mettre de mauvaises notes se vengaient (de quoi d'ailleurs? de la médiocrité qui les habitait et que je leur renvoyais chaque jour à la figure?) me tyranisaient par des remarques désobligeantes, blessantes et toutes aussi puériles que celles de mes petits camarades. Je pouvais l'accepter des autres enfants, même si cette situation était insuportable, mais comment l'accepter de la part d'un adulte, qui plus est, votre professeur, censé vous apporter son soutien et son aide ?
Je me souviens en particulier de ma prof de maths de 4ème. Une mégère que tout le monde craignait. Elle avait moins de 40 ans, très brune, les cheveux tirés en chignon, la peau mate, les sourcils entièrement épilés et remplacés par deux traits de crayon noir et des ongles de pied de 4 centimètres toujours peints en rouge sang. Je n'ai pas été sa seule victime. Chaque année, elle avait une "tête de Turc" par classe sûrement choisi au hasard. Mais pour ma part, c'était très différent. Habituellement, ses "têtes de turc" étaient des élèves plutôt mauvais en maths et n'étaient pas forcément ceux que les autres élèves avaient élus "souffre douleur de l'année". A priori, je n'avais donc pas le profil : excellente en mathématiques et souffre douleur officel de la classe. Mais des éléments, qui me manquaient alors et que j'ai rassemblés par la suite, m'ont permis de comprendre.
Premièrement, son fils était dans ma classe et avait de grosses difficultés scolaires. Secondement, elle connaissait très bien ma famille parternelle puisqu'elle était originaire du même village, et c'est là que le bas bléssé. Elle était la fille de la "cheftaine". La vilaine sorcière, la folle de la gare. Sa mère était en fait l'ancienne chef de gare du village à qui on ne connaissait pas de mari, qui avait la réputation de se faire "attrapée" dans tous les coins de la gare par les ouvriers qui venaient travailler sur les voies, qui était associable et qui terrorisait tous les enfants du village. Qui pouvais-je?
D'autre part, comme elle-même était crainte et détestée par les élèves, il lui fallait se mettre dans la poche les élèves de la classe dont son fils était lui même élève pour ne pas qu'il ait à souffrir de l'hostilité de ses camarades. Voilà donc pourquoi j'ai passé la plus mauvaise année de ma vie de collégienne. Je ne voulais plus allé à l'école et je souhaitais que mes parents m'envoient "au vert" loin très loin, là où personne ne me connaitrait.
Enfin bref, mon expérience de l'école jusqu'en seconde fut catastrophique d'un point de vue relationnel, supportant les brimades de mes camarades (que j'ai pardonnés depuis longtemps) et de certains professeurs qui ne méritent pas le droit d'enseigner.
Après ? Après tout a changé...